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 Compagnie imprévue > Clémence Haven

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Knight Sheffiel



Messages: 23
Date d'inscription: 02/08/2008

MessageSujet: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Ven 8 Aoû - 15:28

Le vent s’engouffrait dans ma veste ouverte mais je restais insensible à la morsure violente du froid, ne ressentant rien comme si mon cœur, ma peau et mon regard était de glace. Enfin non, mon regard n’exprimait pas de sentiments aussi froids mais il n’en était pas loin.
L’automne cédait peu à peu sa place à l’hiver impitoyable et mortel. La pénombre se coulait petit à petit dans chaque recoin des rues à cause de nuage gris qui obscurcissait le ciel, étouffant les innocents. Meurtrière, redoutable, infidèle et imprévisible. Le soleil était bien trop faible pour protéger les imprudents. Nuit, berceau du crime et mère de la cruauté. La chasse était ouverte, les plus insouciants n’avaient qu’à bien se tenir. Aucune pitié ne serait permise dans ce jeu glauque et sauvage. Tous les coups sont permis.

Je relevai la tête, prêtant attention à toutes ces odeurs qui se mêlaient dans cette obscurité moite. L’humidité rendait l’air quasiment irrespirable ce qui n’était pas un problème pour moi. Etant privé de ma vie depuis ma transformation, je n’avais plus besoin de respirer ou de me nourrir d’aliments basiques mais passé vos premières années, ces habitudes sont ancrées en vous ; c’est pourquoi beaucoup de Vampires continuent en partie à se comporter comme de parfaits humains – ce qui est pratique pour se mêler dans la foule de la plèbe sans éveiller trop de soupçon chez les plus perspicace
Une odeur tiède vint chatouiller mon instinct. Je n’avais pas soif, ce n’était que gourmandise mais je se déplaçai tout de même en direction de cet embrun troublant. Ma démarche, très similaire à celle de Caïn, était fluide, silencieuse, renfermant ce même sentiment de puissance, ou du moins, d’assurance. Quelques ombres furtives glissaient sur les murs – du moins, sur ce qu’il en restait-, des échos de murmures étaient audibles, des groupes se formaient et ne cessaient d’accroître. Dans cette immensité désertée de l’espèce humaine, la cruauté avait pris « les rênes » et ici la mort était considérée comme une habitude passagère dont personne n’était choquée. Aucune amitié n’était alors possible, juste quelques alliances mais rien de bien fiable. Votre vie, si vous y teniez, mieux valait-il ne jamais passer dans ce coin lors d’une nuit noire d’encre comme celle-ci. C’était encore le meilleur moyen de vous faire dépouiller de ce dernier souffle de vie ; mais il ne fallait même pas espérer mourir sous un violent coup donné par une de ces créatures. Oh non. Loin de vous cette idée imprudents ! Ici la meilleure distraction était la torture, se délecter de chaque gémissement de douleur, aspirer les soupires de douleur et lire la terreur dans le regard de la victime. Plus il serait conscient du mal qui lui est infligé, plus leur jubilation sera grande. Ils seraient près à vous vider de votre sang au « compte-goutte » du moment que vous souffriez atrocement au point de laisser échapper un ou deux hurlements de douleur. Sachez qu’ils ne manqueront jamais d’imagination pour torturer n’importe quel être vivant ! Malgré cette ambiance des moins rassurantes, je me sentait parfaitement à l’aise mais ce n’était peut-être dut que au fait que je n’avais aucun ennuis à craindre de la part de quiconque. Il était vrai que j’avais quelques problèmes majeurs avec une chasseuse mais en toute sincérité, j’ai toujours pris beaucoup de plaisir à ce jeu de cache-cache incessant. C’est incompréhensible pour certain mais j’aime la voir dans ses moments où elle croit me tenir et que part un quelconque miracle je me tire d’une situation inextricable aussi simplement que si je changeais de pièce. J’aime jouer avec elle et je pense que dans le fond c’est réciproque. Je n’éprouve aucune haine envers elle, au contraire je ris beaucoup de cette traque et j’aime lui sourire mais disons qu’elle me laisse rarement du répit…

Je regardai un groupe du coin de l’œil, écoutant quelques bribes de discussion. Rien de bien passionnant. Chez les humains on peut démanteler de grands réseaux de drogues ou autres substances illicites auxquelles ces « simplistes » aiment s’abandonner lâchement en se disant que demain ça ira mieux, que demain tout s’arrêtera, que demain ils commenceront une nouvelle vie – bien évidemment, rien de tout ça arrive- mais chez la seconde partie de Paris, qui rassemble Vampires, Lycans, et quelques chasseurs peu scrupuleux, on peut mettre à jour des réseaux tout aussi complexe de trafique de sang…Le plus étrange est que ce liquide carmin peut déclancher des émeutes entres « races » ou entre clans et elles sont de plus en plus meurtrières. Ces trafics se faisaient de plus en plus présents mais tôt ou tard tout ça cesserait comme c’était apparut, c'est-à-dire subitement. Dans la Ville, quasiment tout était éphémère, du moins, c’est l’impression que j’avais et que j’ai toujours.
Nonobstant cette obscurité je me détachais de cette nuit noire à cause de ma chemise blanche immaculée qui semblait refléter le peu de lumière présente en ces lieux glauques. J’attirai quelques regards mais ne les rendais pas. Un jour où l’autre, justice sera faite et la patience ne me manque pas. Quelques humains par-ci par-là traînent encore dans les rues. Des insouciants. Je presse le pas, sachant que les Chasseurs ne vont pas tarder à sortir et je préfère encore être repu lorsque ce carnage commencera. J’aime le sang mais la violence est de loin quelque chose qui vient à me répugner. Je ne suis pas pour, ni contre mais laissez moi choisir entre le calme et une tuerie, je préfèrerai le calme sans aucune hésitation.

Surtout furtives, les créatures allaient et venaient, longeant les murs délabrés en restant loin de moi, dans l’espoir de ne pas attirer et réveiller l’instinct mortel qui sommeillait en moins mais qui en un quart de seconde pouvait remonter à la surface pour laisser libre court à ma soif grandissante.. La moindre provocation, même minime, pouvait déclencher une catastrophe sans précédent ce qui tout le monde savait ici. Mes sautes d’humeur fréquentes étaient réputées pour être sanglantes et sans issue de secours. S’il me prenait l’envie de vous prendre en victime vous ne pourriez jamais, ô grand jamais, vous extirper de ma main ferme et sans hésitation. Jusqu'à présent je n’ai jamais tenté de protéger quiconque, trouvant cela sans intérêt ; au contraire, je préférai laisser une vague impression de bienveillance avant de jouer cruellement avec sa dénommé victime – enfin, ce n’est valable que lorsque j’ai véritablement faim au moins que mon esprit soit torturé.
Mes pensées étaient comme balayées par ce vent froid, dispersées au quatre coin de la Ville mais j’aimais cette sensation de vide, de liberté. Ce n’était que momentané mais cela apportait une touche de calme à mon esprit qui souffrait le martyr à cause de cette soif prédominante.
Perdu dans mes pensées je commençais à perdre la trace de cette odeur délicieuse qui m’avait attiré au début et je faillis repartir dans le sens inverse lorsque j’aperçu non loin de moi un attroupement qui n’était pas semblable aux autres. Il rassemblait toutes races confondues et les êtres qui formaient ce cercle semblaient être animé par la curiosité et une soif croissante. L’étonnement arqua doucement un de mes sourcils. Je ne comprenais pas la raison de ce rassemblement si soudain et inconcevable. Je s’approchai calmement, faisant fuir au compte goutte les personnes présentent dans le cercle et enfin je pus apercevoir une jeune femme. Mon odeur fraîche avait alerté « les créatures » qui s’étaient toutes retirer sans demander leur reste, sans tuer cette femme dont ils auraient tous aimer goûter le sang. Elle semblait terrifiée, pétrifié par l’angoisse. Une moue attristée et à la fois désolée se peignit sur mon visage alors que je la regardai se relever. Je crus la voir trembler mais rapidement je compris mon erreur. Le bon que je fis en arrière me sauva la vie. Deux secondes plus tard et j’étais mort, transpercé par un poignard d’argent. L’argent. Je plissai le nez de dégoût et laissai mes instincts prendre le dessus. Elle avait voulu me tuer. C’était une Chasseuse. Elle allait périr…


12 h 01. Voilà l’heure qu’affichait mon réveil posé sur la table de chevet. Je n’étais pas allé en cours ce matin mais je ne pourrais pas éternellement échapper à l’intendant. L’internat était vide, ma tâche serait moins complexe. J’allai dans la salle de bain, sachant pertinemment que je ne me verrai pas dans le miroir. Une douche glaciale me fit le plus grand bien puis je passai un doigt sur cette blessure à la gorge. J’avais failli mourir la veille à cause de cette chasse qui n’était même pas Clémence. Frustrant et déshonorant mais je souris à l’idée qu’elle n’allait pas non plus apprécier le fait que j’aurai pu être tué par quelqu’un d’autre qu’elle. Je m’habillai rapidement et quittai la chambre. Par miracle, je ne croisai jamais personne dans les couloirs. Les cours venaient tout juste de finir et je pus me mêler aux autres élèves sans le moindre souci. Je gagnai tranquillement la cafétéria tout en ayant conscience que, comme tous les autres midis, je ne toucherais pas à mon plateau. Je m’installai à l’écart sur une table vide, ayant quelques habitudes à ce propos. Je repoussai légèrement le plateau plus loin, prenant uniquement le bouchon de la bouteille de limonade. J’observai les autres en sondant leurs pensées tout en faisant tourner entre mes doigts l’objet. Je ne me concentrais sur personne précisément, mon regard glissait doucement d’une tête à une autre jusqu’à ce que quelqu’un s’intercale. Etonné je fronçais les sourcils et relevai la tête. Oh…Voilà celle qui avait décidé qu’elle m’enlèverait la vie. Contrairement à toute idée reçue, elle ne me faisait pas trembler. Au contraire, je la gratifiai d’un sourire charmant…
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Clémence Haven



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MessageSujet: Re: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Ven 8 Aoû - 19:17

Une longue journée allait bientôt commencer, je le sentais, et d’ailleurs ce fut à ce moment que j’ouvris les yeux, pile au moment ou mon réveil se mit à sonner, à crier une mélodie que j’haïssais plus que tout au monde. C’était le risque à prendre lorsque votre réveil est en fait la radio… Cinq heures quarante-cinq ! Et dire que je me levais tous les jours à une heure pareille, c’était aberrant, et pourtant, pourtant je ne prenais pas la peine de changer mes petites habitudes bien trop précieuses pour moi. Je ne pouvais décemment pas changer mon quotidien pour une vulgaire envie de dormir, ou ce genre de choses futiles qui ne faisaient que rendre les humains tous aussi fainéant les uns que les autres ! Ce n’était pas le fait que je sois une simple humaine qui allait me faire dire le contraire. D’ailleurs, n’étais-je pas un peu plus que ça ? Je ne me contentais pas de regarder de loin le massacre qui se déroulait sur terre, de contemplais la violence qui se décuplait au quatre coins du monde… Oui encore mieux, du haut de mes dix-huit ans je participais à tout cela, à cette guerre presque invisible entre les chasseurs et les « monstres » ! Déjà quelques années que j’étais arrivée ici, et depuis que j’avais appris avec certitude que les vampires existaient, mais également à les repérer ainsi que mon entrée dans le « clan » des chasseurs, je n’avais pas cessé mon travail. C’était sans doute aussi excitant cela que de faire un grand huit. Sentir l’adrénaline prendre possession de vous pendant la traque, et la satisfaction intense d’en finir avec l’un d’eux. Mais malgré mes résultats très réjouissants, je ne pouvais pas me permettre de me reposer sur mes lauriers. Et non… Il y avait Knight ! Celui qui mettait clairement en doute mes capacités de chasseuse. Mais si ce n’était que ça, ça passerait sans doute sans grand mal. Mais le pire, c’est que je le côtoie tous les jours que je le vois à chaque cours, et que lui se contente de me narguer avec son petit sourire sur les lèvres, sachant pertinemment que je ne peux pas l’éliminer en public. Sans doute que le pire n’est même pas ça. Depuis le temps que notre petit « jeu » dure, je me surprends à ne plus vouloir sa mort, je ne pourrais sans doute même pas l’achever de mes propres mains si j’arrivais à le coincer. Je ne pourrais pas ! Sans le savoir il a pris bien trop d’importance dans ma vie, et je doute que je supporterais son absence, il est tout de même le premier à m’échapper ! Et je veux être la première à mettre la main dessus. Je n’allais tout de même pas laisser Matthias et sa jalousie me piquer ma proie ? Ou un autre chasseur qui serait arrivé au moment propice ! Sinon à quoi bon s’atteler à une telle « vengeance » si c’est pour abandonner vulgairement devant des obstacles pareils ?

Doucement je sortais de mon lit, sans un mot, passant une main dans mes cheveux pour les remettre en ordre, une grimace passant sur mon joli minois, juste avant que je ne me remémore les événements de la soirée tout en défaisant le bandage que j’avais à la main ! Accident idiot quand on pense tout les risques que je prenais les soirs de chasses, quand j’arrivais à coincer un vampire. Et là… Vulgairement je m’étais coupée dans un moment tout à fait anodin, en aiguisant mon poignard en argent ! Un magnifique objet que je m’étais offert comme petit cadeau en guise de bienvenue dans le clan des chasseurs. Etrange de s’offrir un cadeau toute seule, mais au moins remarquez que j’étais sûre qu’il me plaisait ! Enfin bref, sortie de mon lit je me dirigeais vers la salle de bain pour une petite douche expresse histoire de ne pas trop traîner, si je continuais comme ça je finirais pas être en retard et se lever aux aurores pour arriver après la sonnerie ne valait pas vraiment la peine. J’avoue que je n’ai rien d’une fille très studieuse, mais je me contente d’assister aux cours, d’écouter vaguement tout en enregistrant les paroles du professeur. Très utile pour les examens lorsque l’on n’a pas envie d’étudier et que l’on n’a pas non plus très envie de les rater ! Laissant l’eau chaude ruisseler sur mon corps nu, épouser mes formes pendant un instant, je me lavais rapidement, puis ressortit de la salle de bain. Prenant un jeans et un t-shirt quelconque dans mon armoire, je m’habille rapidement, me coiffe et sort de la pièce mon sac sur le dos et ma jaquette attachée autour de la taille ! Rien que de voir les minutes qui défilaient si rapidement lorsque j’étais occupée, j’appréhendais déjà ces longues heures de cours, interminables et sans intérêt qui ne sont en rien déterminantes pour notre avenir, contrairement à ce que l’on dit. Se faire noyer dans des mensonges n’avait rien de bien intéressant ! Je pris place au fond de la classe, tout en le cherchant du regard…

Midi ! La sonnerie finit enfin par retentir, annonçant la fin de ma pénitence dans cette prison aux allures d’écoles tout à fait banales, je remis mes affaires dans mon sac sans un mot, sans adresser ni une parole ni un regard à ceux qui passent à côté de moi. Rien que de les voir sourire bêtement en cette journée qui n’était qu’à son début et qui promettait d’être très longue, j’avais des envies de meurtre. Je jetais un regard à l’étui de mon poignard qui était soigneusement rangé au fond de mon sac, puis le fermais et après avoir remit ma veste en jeans je sortais, me dirigeant inlassablement vers la cafétéria. De ma démarche nonchalante, j’entrais sans faire attention à l’endroit ou je me dirigeais. Balayant les environs du regard, je sortis de mes pensées pour l’apercevoir lui. Un sourire mesquin glissa sur mes lèvres. Etais-je juste contente ? Je dirais que c’était un sentiment proche du soulagement et de la satisfaction. Je ne cachais pas que l’espace de quelques minutes j’avais craint qu’il se soit fait tuer par un chasseur quelconque que j’aurais alors mis toute mon énergie à rechercher et à éliminer pour m’avoir voler mon plaisir que j’attendais depuis si longtemps et qui apparemment n’étais pas prêt d’arriver. Mon plateau en main, mon sac sur l’épaule, je me dirigeais vers lui, prenant place juste en face, sans même lui demander son avis.


- T’as pas jugé utile de venir en cours ?

Je l’interrogeais de la voix mais sans reproche, sans pour autant lever encore les yeux vers lui. Je fixais mon plateau que j’étais en train de déposer délicatement sur la table, lâchant mon sac et le mettant par terre. D’ailleurs je le gardais toujours à ma proximité, on ne savait jamais lorsque le bon moment se présenterait et je ne voulais pour rien au monde me trouver désarmée lorsqu’il se pointerait. Après tout on ne peut pas prévoir ce que la vie a prévu. Ou alors ce qui est écrit dans le grand livre des Ames - pour ceux qui y croient en tout cas ! Ce qui était loin d’être mon cas. Je suis même persuadée que l’on peut choisir son destin et qu’il suffit de se créer des occasions. Jetant un bref regard à ma main gauche qui portait une bande ainsi qu’une trace de sang, je finis par lever les yeux, scrutant le jeune homme, cherchant à savoir la raison de son absence dans ses gestes. Ce qui risquait d’être dur à trouver. Mais bon, l’espoir ne faisait-il pas vivre ? Descendant sur son visage, glissant sur son cou, mon regard se stoppa net. Fronçant les sourcils, je pris la parole de ma voix éternellement froide, dénuée de cette chaleur humaine qui aurait du faire partie de moi mais qui pourtant me fuyais désespérément

- Qui t’as fait ça ?

Sans doute que quiconque aurait vu la scène aurait cru que je m’inquiétais pour lui, ou même pire, que j’étais amoureuse de Knight et que j’avais peur qu’il lui arrive malheur. Mais la réalité était tout autre, et lui n’était pas censé l’ignorer. Savait-il que je ne laisserais pour rien au monde le plaisir de l’achever à quelqu’un d’autre ? Je le considérais comme mien. Enfin dans le sens qu’il était ma proie, il me revenait donc le droit de le tuer lorsque j’y arriverais. Et j’étais même prête à défier les miens, à les tuer uns à uns si ils avaient le malheur de décider de se mettre en travers de mon chemin ou de faire mon travail à ma place. Ce serait tout bonnement intolérable ! On pourrait comparer cela à des droits réels, tout ce qui touchait à la mort du m’appartenais et je ne donnerais les droits que je m’étais octroyé moi-même à personne d’autre ! Aussi idiot que cela puisse paraître, je tenais réellement à tout ça. Buvant un peu de thé froid du verre posé sur mon plateau, je le fixais désobligeamment je cherchais une réponse, peut-être par envie de vengeance envers tout ceux qui touchait « son » vampire !
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Knight Sheffiel



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MessageSujet: Re: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Sam 9 Aoû - 14:30

« Salut Clémence. Moi aussi je suis content de te voir. Si je vais bien ? Oui ça peut aller et toi ? »

J’esquissai un sourire, sachant qu’elle ne prendrait jamais la peine de poser ce genre de question. Je cessai de jouer avec le bouchon et posai instinctivement ma main sur ma blessure de la veille. Je la regardai dans les yeux avec calme, sachant qu’elle n’appréciai guère l’idée que je puisse être tué par quelqu’un d’autre qu’elle. Par contre une chose m’a toujours fait douté. Est-ce par fierté ? Refuse-t-elle que je sois tué par quelqu’un d’autre car cela signifierait qu’elle est médiocre puisque je lui ai échappé un nombre incalculable de fois, ou est-ce parce qu’elle ne souhaite pas mettre fin à notre jeu tout comme moi ? Je ne saurai sans doute jamais, sauf peut-être sur mon lit de mort. J’haussai doucement les épaules pour répondre à sa question tout en ayant conscience qu’elle ne s’en contenterait pas. Je baissai le regard vers le bouchon que je faisais rouler entre mes doigts bien trop vite pour qu’un humain trouve cela normal. Un silence épais s’installa entre nous. Elle désirait une réponse et sans doute était-elle capable de tuer pour savoir mais il n’y aurait pas besoin de meurtre. Pas cette fois-ci. Je repris la parole d’une voix douce.

« Elle est morte Clémence. Morte. Elle ne risquera plus de porter préjudice à ta proie si c’était ton soucis…Plus jamais. Je ne la connaissais pas d’ailleurs. Un des tiens sans aucun doute car cette…Chose a mesquinement attaqué à l’argent. »

A ce mot je grimaçai tout en sachant que Clémence avait elle aussi un poignard dans son sac et que sa lame était d’argent. Je sentais l’odeur de ma place. Un odeur âcre, agressive qui rend chaque bouffé d’air étouffante et brûlante et qui me laisse un goût amer dans la bouche. L’argent est le seul moyen de tuer un Lycan ou un vampire et malheureusement les chasseurs le savent à la perfection... Je ne suis pas certain qu’Elle sache que sa lame me dérange à ce point, même à une telle distance. Je sens mon âme – si je puis dire- torturée. Cette présence ma lacérait. J’avais envie de fuir mais je ne pouvais pas. Je soupirai puis saisis une tranche de pain sur le plateau de Clémence sans même m’enquérir de son avis. Son geste ne servait pas à grand-chose car en devenant vampire il avait perdu toutes notions gustatives envers les animaux les plus basiques. Il ne gardait et ne ressentait que le goût du sang. Tout le reste lui laisse une sensation de terre ou de quelque chose de fade et pâteux. Je réduisis la tranche en charpie, m’éloignant le plus possible du sac dans la limite de ce que me permettait la table. Quand j’étais enfant j’adorais prendre la mie de pain et en faire quelque chose de compact que je prenais plaisir à avaler ainsi. Je le faisais quand mes parents se disputaient. Je m’en souviens bien, cela me terrifiait. Dans leur esprit je lisait le mot DIVORCE sans même en comprendre le véritable sens. Je savais que c’était mauvais. J’avais peur, je faisais même des crises d’angoisse. J’étais nerveux. M’amuser ainsi avec la mie de pain est rester un geste plein de nervosité que je fais sans vraiment en avoir conscience. Mon subconscient savait ce que je faisais et il savait aussi que le pain n’aura pas de goût et pourtant machinalement je mis dans ma bouche l’aliment. Je repris conscience de tout ce qui m’entourait et une grimace de dégoût se peignit sur mon visage. J’avalai et regardai paisiblement Clémence, me souvenant de sa première question.

« Je préservai ton humeur en ne venant pas en cour ce matin. Je suis resté à l’internat à fixer le plafond. Le temps passe vite tout de même…Décale un peu ton sac s’il te plait. Quelle est ta couleur préférée ? »

Et bien quoi ? N’avais-je pas le droit d’en apprendre plus sur celle qui sans doute un jour me soustrairait à cette vie que ma mère m’infligea ? J’aimai ces moments avec Elle. Cela me laissait un peu de répit, elle ne pouvait rien me faire ici et je le savais tout aussi bien que deux et deux font quatre. Ce n’était pas malsain, c’était uniquement de la curiosité sincère. Jamais je ne me sers de ce que j’ai appris d’elle à son détriment. De toute manière à ma connaissance je ne lui ai jamais fait de mal. L’ais-je déjà touché au moins ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je ne saurai pas. Cela n’a aucune importance. Au début, lorsqu’elle a commencé, j’étais plus blasée que je n’aurai du. Je fuyais en dernier recours. J’étais faible. J’étais las de fuir puis je pris conscience de son acharnement ce qui me fit sourire. Jamais personne n’avait mis tant d’application pour m’éliminer. Je pris goût à ce jeu où j’esquivai tandis qu’elle traquait. En plus de cela nous fûmes dans la même classe ce qui me permis d’en profiter pour lui adresser de charmants sourires tous les matins et parfois de lui parler. Je pense qu’elle aussi a fini par s’enivrer de ce divertissement.
Je repoussai mon plateau sur ma droite puis me pencha légèrement en avant, soutenant ma tête en posant mon menton dans le creux de ma paume de main. Je fixai Clémence en esquissant un sourire. Je ne concevais pas de ne plus m’amuser. Elle tenait à m’éliminer elle-même, elle le faisait comprendre à tout le monde mais moi aussi je tenais à ma chasseuse. Les autres sont mesquins et pas toujours très futés. Rien d’appréciable là dedans tandis qu’elle, elle n’a jamais manqué d’idée et elle n’a encore jamais fait de coup bas ce que j’apprécie beaucoup. Je crois qu’il y a des jours, si on pouvait tuer du regard, elle me tuerait à de nombreuses reprises ce qui déclenche bien souvent en moi l’envie de rire. Elle ne changera donc jamais ? C’est plaisant et amusant.

« C’est du thé glacé ? »

Je me redressai, regardant le verre de Clémence avec curiosité. Je lui pris sans m’inquiéter des conséquences. Je fixai le liquide d’une couleur translucide. Une étrange odeur de fruits ou de plantes...ou de produits chimiques. Je ne sais pas bien. Je ne connais pas ces effluves. Je n’ai jamais bu du thé glacé et cela ne m’arrivera jamais non plus. Lorsque j’étais humain, je ne sais pas si cela existait déjà – sans doute que oui – mais je n’en ai jamais bu et maintenant la boisson n’aurait pour moi qu’un vague goût peu agréable. Je lui rendis son verre sans en avoir bu, jugeant que j’avais suffisamment joué avec sa tolérance et sa patience. J’observai son plateau puis regardai la salle d’un air calme. La plupart de ses jeunes étaient des vampires ou des lycans…Mais Clémence n’en savait sans doute rien pour une grande partie. Elle savait pour moi mais après…
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Clémence Haven



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MessageSujet: Re: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Sam 9 Aoû - 15:46

Je me contentais de lui lancer un regard noir lorsqu’il ouvrit la bouche pour la première fois, souriant comme un idiot à répondre à une question qu’il savait que je ne lui poserais jamais. Qu’il aille bien ou mal cela m’était totalement égal tant qu’il se contentait de rester en vie jusqu’à ce que je décide d’en finir ! Jamais je n’avais échoué, pourquoi cela arriverait-il maintenant ? Et même si je le coinçais, je n’avais aucune certitude sur la réaction que j’aurais et si surtout je porterais le coup fatale ou si je préfèrerais le laisser en vie. J’appréhendais un peu son absence. Mais tout ceci n’était que très peu intéressant et malvenu pour le moment qu’il était là et qu’il me narguait comme à son habitude. Je ne prenais même pas la peine de répondre à sa question, si la réponse l’intéressait vraiment, il lui suffisait de me regarder pour voir que tout allait pour le mieux, ou du moins comme à mon habitude, c’est-à-dire que j’étais neutre vis-à-vis de tout le monde sauf de certains chasseurs et de lui. Les autres ne m’intéressaient nullement, c’était sans doute pour cela que je n’avais pas vraiment d’amis véritables, mais ça m’était égal, je n’en voulais même pas. La solitude a quelque chose de rassurant et surtout quelque chose que je connais depuis si longtemps que je n’ai pas envie de perdre ce « lien » qui m’unit à elle. Peut-être bien que mes réactions sont incompréhensibles et qu’il existe pas beaucoup de personnes qui préfèrent cela, mais ça m’est égal. La seule chose qui compte et que je sache qui je suis et ce que je veux, et tout cela est clair dans mon esprit, aucun problème de ce côté-là ! Je le regarde, pendant un instant je pensais qu’il n’allait pas prendre la peine de répondre à ma question, qu’il se contenterait de l’éluder d’un haussement d’épaules, mais je me trompais et juste avant que je n’aie le temps de réagir il reprenait la parole. Un sourire de satisfaction passa sur mes lèvres sans pour autant y rester bien longtemps, j’étais juste heureuse qu’elle n’ait pas réussi à lui faire plus de mal que ça. Mais malgré mon contentement qui dura quelques secondes, j’étais à la fois choquée de la façon dont il m’apprenait qu’il avait froidement assassiné un des miens. Est-ce que je pouvais le blâmer pour ça alors que je faisais pareil ? Si elle avait été assez stupide pour se rendre là-bas seule, ou alors pas assez expérimentée pour se sortir de sa situation, elle ne pouvait décemment s’en prendre qu’à elle. L’once de compassion envers la fille assassinée le soir même alors que je n’étais même pas de sortie ne me frôla que pendant un millième de seconde avant de presque en rire. C’était sa faute ! Je me concentrais pour ne pas sourire comme une idiote du malheur des autres, puis, mon regard passa de mon assiette puis se posa sur Knight. Sachant pertinemment qu’il ne mangeait pas le même genre de choses que moi, je ne pus pas retenir une remarque plus longtemps.

- Elle avait bon goût au moins ?

J’haussais les sourcils tout en l’interrogeant du regard, à vrai dire je ne comprends pas ce que les buveurs de sang trouvent de délicat ou de bon à ce liquide rougeâtre. Comme tous les enfants du monde entier, j’ai déjà léché mon propre sang lorsque je me faisais de petites coupures, mais jamais je n’ai trouvé un quelconque attrait à faire cela, je trouvais même qu’il avait un goût déplorable. Bien moins concentrée, je souriais tout en regardant mon bandage tâché de sang, c’est idiot, mais n’est-ce pas les petits accidents les plus bêtes qui sont les plus dangereux ? Je n’en revenais toujours pas qu’un truc aussi stupide me sois arrivé, mais bon, c’est trop tard pour pester là contre. Levant les yeux à nouveau, je me demandais si le sang avait une véritable odeur que les vampires sentaient de loin, ou quelque chose de ce genre. Je savais beaucoup de choses à leur sujet, surtout ce genres de choses utiles pour en finir avec leurs vies, mais je n’avais pas pris la peine d’approfondir le sujet. C’était une bonne occasion aujourd’hui, quand j’avais ce vampire sous la main sans que je puisse le toucher pour autant. Quelques questions saugrenues me passaient encore par la tête, je me demandais si j’avais déjà effleuré sa peau, il me semble que non, perdant mon regard sur ses mains alors qu’il joue avec un bouchon apparemment, je me demandais si elle était aussi glaciale que celle des autres. Clignant des paupières, je chassais cette idée et le regardais prendre mon morceau de pain avec un haussement de sourcils. Il s’amusait avec comme les gamins le font généralement quand ils n’ont rien à faire et qu’ils sont au restaurant avec leurs parents, ou alors, juste par frénésie incontrôlée. Pourtant je ne pris pas la peine de lui faire une remarque pour l’instant, prenant mes couverts en main, je coupais les spaghettis dans mon assiette histoire que je ne m’en mette pas partout en les mangeant. J’avais toujours eu horreur de manger en face de quelqu’un qui pourrait avoir tout le loisir de vous regardez à cause qu’il ne mange pas, mais cette fois, je ferais avec. La surprise pouvait se lire aisément sur mon visage lorsque Knight mangea de la mie de pain, autant dire que j’étais assez choquée par son geste.

- Tiens tu manges toi maintenant ?

Ma voix restait totalement neutre, comme à mon habitude, je cachais ma surprise, et la déroute que m’avait inspirée son geste qui aurait pu remettre en question tout ce que je savais à propos des buveurs de sang. Puis, je l’écoutais tout en continuant de manger toujours aussi doucement qu’auparavant, je n’avais pas envie que ce petit moment que l’on aurait pu appeler privilégié ne s’arrête si brusquement. Ce n’était pas souvent que je faisais ce genre de folies de venir lui parler directement comme j’étais en train de le faire, mais le fait était que je ne l’avais pas vu de la matinée et que je n’aimais pas chambouler mes habitudes. Je décalais mon sac en lui donnant un léger coup de pieds, sans me soucier des raisons qui le poussaient à me demander cela. Peut-être savait-il que j’avais un poignard toujours avec moi ? C’était très probable, même certain, qui ne le saurait pas ? Récemment on m’avait assuré que les vampires sentaient l’argent, je ne savais pas si cela était vrai, mais en tout cas je ne m’en passerais pour rien au monde, je devais être prête à tout moment pour ne pas rater une occasion qui se présenterait comme ça. On ne savait jamais quand elles décideraient de se montrer, sans crier gare… Etrange question pour une situation qui n’était pas vraiment banale il fallait l’avouer.

- Pour préserver mon humeur ? Quelle délicate attention ! Je n’aurais pas cru ça de toi… Et ma couleur préférée ? Tu comptes m’offrir un cadeau dans ton élan de gentillesse inavouée ? Le bleu… Et couleur argent !

Je raillais délicatement, le taquinant plus qu’autres choses, autant dire que j’appréciais sa compagnie sans le montrer, comme toujours, je ne montrais jamais ce que je ressentais ou ce que je pensais réellement, à moins d’être dans une situation extrême qui requiert que je le fasse sans mentir. Alors parfois je ne mentais pas, mais cela restait rare. Je préférais nettement l’embêter gentiment de la sorte plutôt que de jouer les gamines amourachées et sous le charme qui soupirent pour la moindre phrase que leur « compagnon » leur adressaient. Avouez que ce n’était pas vraiment comparable, à savoir que je n’aimais pas Knight, mais il prenait une place plus qu’importante dans ma vie de chasseuse et quiconque me connaissait un tant soit peu pouvait le remarquer aisément. Un cadeau ? Cela serait bien étrange, même si je savais que ce n’était pas son intention, je n’avais pas trouvé de réplique plus appropriée à la situation. Même si j’avais encore une fois railler en répondant l’argent, peut-être juste pour le faire réagir, de lui lancer des piques à ma façon, bien que parfois elle paraissait bien étrange.

Je ne fis même pas attention au fait qu’il prenait délibérément mon verre de thé glacé, même si moi j’appelais ça du thé froid, ou est la différence ? Je posais mes couverts à côté de mon assiette et le regardais, à vrai dire, comme tous les vampires que je croisais, il était sans doute d’une beauté à coupé le souffle, mais sur ce point là je n’étais pas objective du tout. Là où les gamines délurées voyaient un bel homme je voyais un monstre sanguinaire qui tuait sans vergogne… Comme celui qui avait lâchement assassiné mes parents alors que moi j’avais encore besoin d’eux, que j’avais souffert de leur mort plus que quiconque. Devrais-je le remercier ? De les avoir « mangé » ? J’avouais aisément que cela m’avait permis de vérifier ce que je savais, que les vampires existaient bel et bien. Mais tout ceci était tellement loin maintenant je ne n’y faisais plus attention, me promettant que si un jour je retournais à Londres je me mettrais en chasse pour faire subir un terrible châtiment à celui qui avait fait cela. Serait-ce encore possible de le retrouver après douze ans ? Les chances que j’y arrive étaient infimes, mais l’espoir faisait vivre. Perdue dans mes pensées qui me ramenaient au seul membre de ma famille que je connaissais encore en vie, je secouais légèrement la tête pour le chasser de mon esprit. Cela faisait si longtemps que je ne l’avais pas vu, mais à son égard je n’avais que de la colère et du mépris, je le haïssais malgré le fait que l’on partageait le même sang. La voix de ma proie favorite me ramena sur terre.


- Oui, c’est du thé froid à la pêche ! Ne me dit pas que tu n’en as jamais bu ?

Pour une fois ma voix se fait interrogatrice, après tout chacun son tour de poser des questions non ? Je réalisais à ce moment même que je ne savais pas depuis combien de temps le jeune homme était un vampire, depuis quand il était « mort » enfait ! Je fronçais les sourcils avant de me détendre complétement à nouveau, attendant une réponse de sa part tout en ramassant mon sac et en le mettant plus loin de lui, sur le dossier de ma chaise.
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MessageSujet: Re: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Dim 10 Aoû - 7:41

« Je ne saurai te dire si elle avait bon goût, méchante langue, je ne l’ai pas mangé comme tu pourrais dire. Je l’ai tué mais je n’ai pas touché à son sang. Ne me prend pas pour un affamé à ce point. Je n’aime pas tuer inutilement mais si je lui laissais la vie sauve, elle ne m’aurait pas laissé en paix pour la nuit entière ce qui devient vite lassant au bout de quelques minutes. Toi parce contre tu…t’es blessé. Je me demande ce qui me retient de me jeter sur toi…Sans doute parce que je ne suis pas un sauvage…Il m’arrive de manger mais permet moi de te dire que ton pain n’a pas de goût…»

Je fronçai les sourcils en cherchant la cause de cette odeur enivrante que dégageait le sang de Clémence. Une odeur troublante et attirante. Mon regard se posa sur son bandage et je compris la source de tout ça. Je détournai la tête et soupirai doucement, restant parfaitement calme. En vérité je n’avais pas soif, et même si l’odeur était fascinante, je n’éprouvais pas l’envie irrésistible d’y goûter. Malgré tout lorsqu’elle prononça le mot argent, je tressaillis doucement et lui adressa une grimace enfantine, lui montrant que je n’appréciai guère sa plaisanterie à propos de ce métal. Un cadeau ? Et pourquoi pas ? Je l’apprécie sincèrement même si elle est un peu bourrique dans son style…Clémence, c’est Clémence, je peux pas la changer.

« Il faut commencer à penser à Noël si on ne veut pas être pris de court, et pour l’argent tu saura te débrouiller comme une grande…Et puis tu en as suffisamment à mon goût. A la pêche ? Ca ne doit pas être mauvais mais je n’en ai jamais bu. Je ne saurai pas te dire si j’aime ça. Cela t’étonne à ce point ? Tu sous estimes mon âge Clémence. N’oublie jamais que le temps n’a pas de prise sur moi. Qui sait…Je pourrais être de plusieurs générations avant toi. Je ne me souviens pas si le thé froid existait déjà, j’ai un doute à ce propos…C’est la boisson que tu préfères ? »

Je m’empare de nouveau de son verre, poussé par la curiosité et je ne peux m’empêcher de goûter le liquide. Un léger frisson parcourut ma peau laiteuse. Vague nuance gustative mais rien d’extraordinaire pour moi mais pourtant je ne suis pas déçu. J’ai pu sentir en arrière goût vague de sucre et de pêche, ce n’est pas désagréable. C’est fade et doux à la fois. Je lui rend son verre et esquisse un sourire doux avant de la regarder pensivement en réfléchissant.

« Ce n’est pas mauvais mais ce n’est pas délicieux non plus. Je n’ai pas vraiment d’avis mais tu me comprends, tu sais pourquoi non ? Je n’ai presque plus aucune sensation gustative. Mange de la terre et tu comprendras le goût amer que me laisse le pain. Je regrette de ne pas pouvoir manger comme toi…De ne pas comprendre tes goûts alimentaires non plus. »

Je soupirai doucement, laissant la mélancolie se fondre dans ma voix l’espace de quelques instants puis je repris « vie », affichant de nouveau ce léger sourire permanent qui quitte rarement mes lèvres. Je ne suis pas un demeuré qui ne sait même pas pourquoi il sourit, j’aime juste me montrer avenant et sourire ne me coûte rien. Clémence a peut-être la sensation que je la nargue ainsi et pourtant cela n’a rien d’ironique. Quoi que parfois si. Je regarde son plateau puis détourne le regard, ne sachant plus quoi goûter. C’est plus pour le plaisir de le prendre sur son plateau qu’autre chose puisque le mien gît un peu plus loin sans que j’y touche, comme tous les midis. Pour une fois que j’ai de la compagnie – surtout celle de Clémence – je vais m’y intéresser. Je ne sais pas grand-chose sur elle ce qui me laisse souvent perplexe. Nous « jouons » ensemble depuis plusieurs semaines et je ne connais que son prénom et un peu son caractère. A l’idée de cette ignorance, ma curiosité refait surface. Une fois de plus mon regard interrogatif se pose elle en guettant avec une certaine « gourmandise » le moindre de ses gestes. J’ai oublié ce que c’est qu’être humain et j’ai perdu la plupart de leurs habitudes. Je dors encore un peu de temps en temps lorsque l’ennui me gagne mais cela n’a rien d’un vrai sommeil. Je ne rêve plus et je ne mange plus les aliments normaux. Le temps. La notion du temps, voilà ce qui m’échappe maintenant. Perplexe je met fin à ma réflexion pour parler avec Elle, ne sachant pas depuis combien de temps je garde le silence.

« Crois-tu réellement que je suis une espace de…Chose qui n’est pas capable d’éprouver des sentiments et de faire preuve de gentillesse ? C’est réellement ce que tu penses ? Un monstre, une tâche qui n’est capable de rien d’autre que t’échappe et tuer de pauvres innocents ? »

Ma voix reste parfaitement posée et je n’éprouve aucune rancune à ce sujet. Je sais ce que pensent en général les chasseurs de nous mais cela ne me rend pas haineux…juste parfois déçu. Il m’arrive de regretter ma transformation et dans ces moments là, j’ai envie d’être vu un peu plus humain mais Ils sont là pour me faire comprendre que je ne suis qu’un monstre assoiffé de sang qu’il faut absolument abattre. Ce n’est pas vexant, mais juste attristant. Je me retiens le plus longtemps possible avant de chasser, il m’arrive de préférer les animaux, tuer n’est pas une plaisir mais quelque chose qui me répugne et malgré cela je suis vu exactement de la même façon que le vampire qui rôde tous les jours et qui tue le plus possible. Curieux de la réponse, je la regarde avec une certaine innocence. Je voudrais savoir ce qu’elle pense, elle.
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Clémence Haven



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MessageSujet: Re: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Dim 10 Aoû - 10:50

Autant dire que je fus encore une fois surprise de sa réponse, c’était un jeune homme - bien que le terme jeune ne soit pas approprié dans son cas car il devait avoir au moins cent ans ou plus ! - pleins de surprise, qui sortait à chaque fois quelque chose auquel je ne m’attendais pas. Je souris délicatement tout en l’écoutant. Quel gâchis, oui, je trouvais bel et bien que c’était du gâchis de tuer une jeune femme juste pour la tuer sans que sa mort ait été utile. Je suis peut-être une chasseuse, mais je ne suis pas contre le fait qu’il tue ceux qui se mettraient en travers de mon chemin, et ce dernier suivait à la trace Knight. Sans pour autant être le même, non la différence était notable, mais j’appréciai presque le fait qu’il l’ait éliminé car cela me ferait du travail en moins. Si elle avait réussit ce qu’elle comptait faire de lui, je me serais sans aucun doute mise dans une colère noire. Il était à moins, quand est-ce que mes « semblables » allaient comprendre ça ? Ce n’était pourtant pas difficile. D’ailleurs c’était à se demander pourquoi tout le monde était après lui alors qu’il y avait tellement de monstre à éliminer dans le coin qui grouillait de ces bestioles sanguinaires et viles. Je me surpris à me demander si il n’était pas différent des autres, mais comme à chaque fois que je me perdais dans ce genre de réflexion, je me concentrai sur mes parents, me disant que ça aurai pu être lui… L’entendant parler de ma stupide blessure à la main, je la cachai, peut-être bien qu’il en sentait l’odeur, mais je n’avais pas envie qu’il me pose des questions à ce sujet, c’était un peu rabaissant pour moi que de m’être fait mal aussi inutilement que ça. Je soupirais doucement tout en continuant de l’écouter, peut-être bien qu’en d’autres circonstances il m’aurait plu, que j’aurais réagi comme toutes les filles le faisaient avec un garçon qu’elle trouvait charmant. Mais j’étais une chasseuse, et je savais mieux que quiconque de quoi était capable ce genre de personne, je n’allai donc pas lui laisser quartier libre pour si peu.

- La seule fois que tu tues véritablement pour te défendre, tu n’en profites même pas pour manger ? C’est malin ça… Très malin…

Ma voix sonnait ironique, tout comme je l’étais. Je trouvais ridicule que pour une fois que ce n’était pas une attaque véritable, qu’il n’avait pas traqué son gibier ou qu’il ne l’avait pas fait souffrir il n’avait même pas faim. C’était idiot. Intérieurement j’espérais que sa mort n’avait pas servi à rien et qu’un quelconque vampire avait pris possession de son sang histoire que celui-ci ne tue pas une victime innocente qui serait malencontreusement sorti dans la rue à une heure tardive. Alors comme ça il n’était pas un sauvage ? J’haussai les épaules tout en peignant un sourire sur mes lèvres fines, je détournai le regard pour regarder mon assiette dans laquelle je pris encore une fourchette de pâte, et après avoir soigneusement mâché et avalé - et oui on ne parle pas la bouche pleine je lui dis amusée.

- Si tu n’étais pas un sauvage, tu te rendrais gentiment, et te laisserais tué pour arrêté le massacre non ?

Je jouai avec ses propres mots, j’aimais bien faire cela, même si parfois ça n’avait pas grand-chose à voir, là, j’étais contente, je lui souris tout en reposant ma fourchette, je n’ai même plus faim avec tout ça. Repoussant mon plateau, mais gardant mon verre de thé glacé devant moi, je croisai les bras et continuai de le fixer comme je le faisais toujours, il m’arrivait souvent de vouloir savoir à quoi il pensait, mais c’était inutile, jamais ne n’y parvenais. Autant dire que c’était frustrant, que de jouer avec lui était frustrant. A chaque fois il échappait à mes pièges comme si c’était d’une simplicité effarante. Mais malgré mes échecs je ne lui faisait pas encore de coup bas ou ce genre de chose, avec lui je préfère nettement rester loyale histoire de voir qui gagnera véritablement à la fin. J’avais suffisamment d’argent, il avait bien raison sur ce point-là au moins, mon poignard, et quelques autres couteaux divers très utile, j’adore ce métal, à la fois joli et brillant que mortel pour les êtres de la nuit. Divaguant sur son âge, je ris doucement tout en lui posant une question qui me brûlait la langue.

- Vas-y, épates moi ! Quel âge as-tu ?

Ses élucubrations sur le thé froid me mettaient l’eau à la bouche, je ne me suis jamais posée de questions sur son âge, mais maintenant qu’il en parlait j’avais envie de savoir, savoir ce qu’il savait en quelque sorte. Dans un sens les vampires avaient de la chance, ils n’avaient pas besoin de suivre les cours d’histoire si ils avaient vécu celle-ci. C’était un point de vue intéressant en tout cas je trouve. Je soupirai doucement encore une fois tout en fronçant les sourcils lorsqu’il but dans mon verre, je ne l’avais pas autorisé à faire une chose pareille, imaginez qu’il me refile ses microbes ?

- Hey ! Mais fais comme chez toi c’est ça ! Oui ça se pourrait bien que ce soit ma boisson préférée… Tu as encore des questions sur mes goûts j’imagine ? En tout cas ne compte pas là-dessus pour signer une trêve…

Une question me vint à l’esprit, une question à laquelle je devais répondre seule. Est-ce qu’il s’intéressait à moi uniquement dans le but que je me mette dans la tête qu’il était un gentil vampire tout mignon qui ne ferait pas de mal à une mouche ? Si c’était pour une trêve c’était bien mal parti. Mais non, il ne devait pas être aussi idiot que ça, il devait savoir que je n’abandonnerais jamais. Simplement par fierté, il était le seul à avoir mis en doute mes capacités de chasseuse et autant dire que ma réputation en avait pris un sacré coup. Je ne pouvais décemment pas le laisser faire tout ce qu’il voulait, au pire, même si je n’y arrivais jamais - car je ne veux pas que notre jeu ne cesse - je me contenterais de lui mettre des bâtons dans les roues et de le traquer ! Oui, j’adore la traque, c’est quelque chose d’exaltant, mais ce n’est pas pour autant que l’on peut dire que je suis comme eux. Non bien au contraire, je ne chasse que les « monstres »

J’eus un rire amusé lorsqu’il me dit ce qu’il pensait de mon thé froid. Et surtout le goût que lui laissait le pain dans la bouche. Comme toutes enfants digne de ce nom, lorsque j’étais bébé j’en avais déjà mangé, de la terre, et sûrement d’autres trucs aussi immonde que cela, mais ça remontait à trop loin pour que je m’en souvienne clairement. Je me demandai comment cela se faisait qu’il me parle aussi ouvertement qu’il était en train de le faire, mais une chose était sûre, cela ne changerait en rien sur ce que je pense de lui et surtout sur ce que je prévois de lui faire subir. Il mérite la mort un point c’est tout ! Je ne pris même pas la peine de répondre et me contentai d’un.


- Oui je sais.

Effectivement, qui ne le savait pas aussi ? J’ai appris tellement de choses à leur sujet depuis que je sais véritablement comment les tuer. Certes j’en laisse certaine de côtés le genre de truc qu’il n’est pas utile de connaître, mais je m’en souviens, comme là à propos du goût de terre. Je me surprend à le plaindre. Mais je me reprends vite, il pourrait aussi se priver et se contenter de la « terre » non ? Au lieu d’assassiner des innocents ! Est-il un monstre à mes yeux ? J’avoue que sa question me prend de cours, comme à chaque fois qu’il en pose une. J’hausse les épaules et réfléchit un instant avant de déclarer.

- Bof ! Tu es juste un sujet à éliminer.

Juste un sujet et non pas un monstre, j’ai pris soin de le mentionner, je ne pense pas qu’il soit dénué de sentiment ou même de ce qu’on pourrait appeler « chaleur humaine » malgré sa peau que j’imagine glaciale. Je n’ai pas envie qu’il s’imagine ça, que je puisse le voir comme un vulgaire monstre, il est bien plus que cela en réalité. Il est ma proie, celui avec qui j’aime jouer, comme un chat avec sa pelote de laine, mais reste à déterminer qui est le chat…

- Et j’imagine que l’humanité n’a rien d’une fillette innocente… Un bon point, en tout cas je sais que tu es capable de réflexion vu que tu m’échappes à chaque fois ! Ce qui est des sentiments ou de la gentillesse c’est à toi de me le dire…

Je ne le connais pas suffisamment pour juger de tout ce qui le touche. Je ne sais pas, et à vrai dire je ne me suis jamais posée la question. Il est juste un vampire, et il faut éliminer les vampires. Ca s’arrête là en ce qui me concerne, malgré le fait que les gens ne sont pas aussi innocents qu’ils le prétendent, que certains méritent de mourir et qu’au moins les êtres de la nuit tuent pour manger - même si ils y prennent un certain plaisir - et non pas juste pour de l’argent ou du pétrole comme le font les armées. Peut-être bien qu’ils sont en quelque sorte l’avenir salvateur. Mais je n’en sais rien. Je préfère imaginer qu’ils sont simplement à éradiquer de la surface de la terre. C’est le seul avis que j’ai de lui en ce moment même. Malgré la différence que je trouve chez lui et chez aucun autre représentant de sa race.
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MessageSujet: Re: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Sam 16 Aoû - 10:39

« Tu confonds tout Clémence…Je ne suis pas sauvage mais je ne suis pas suicidaire non plus. De quel massacre parles-tu ? Tu me traques mais pendant ce jeu…hum. Chasse, nous n’avons tué personne si ? De mon côté je n’ai pas fait de mort inutiles il me semble. »

Me penchant légèrement en avant, je ne pus retenir mon rire léger plus longtemps. Mon âge ? Mon Dieu je croyais pourtant que par respect on ne devait pas poser ce genre de question aux personnes qui ont plus de quarante ans. Je la regardai sans dissimuler pour autant ma joie de converser avec elle. Réalisant qu’elle avait éloigné le sac, je repris ma place initiale et la remerciai d’un simple regard expressif. Je posais les coudes sur la table, entrelaçant mes doigts. Un air songeur se peignit sur mon visage tandis que je réfléchissais à l’âge réel que j’avais. Je ne savais même pas en quelle année nous nous trouvions. Vers 2050 peut-être ? Lors de la seconde guère mondial, je n’avais que dix sept ans et cette dernière date…dix neuf cent…dix neuf cent quarante-cinq il me semble. Un nouveau sourire espiègle étira mes lèvres. Je pris de nouveau le bouchon, jouant une fois de plus avec.

« J’ai plus d’un siècle en âge humain mais je garde pour toujours mes dix-neuf ans. Tiens donne moi ton…Des microbes ? Réfléchis Clém, je ne peux contracter aucune maladie. Je suis plus saint que n’importe quel médecin doper par ses propres médicaments…Redonne moi ton verre s’il te plait. Je ne m’attends pas une trêve, ça serait bien dommage de mettre fin à ce jeu jouissif. Tu sais, chez moi je n’ai personne donc je n’ai pas l’habitude de me servir dans le verre des autres mais toi…Toi c’est différent voyons. Tu n’es pas une Autre bien que tu ne sois ni de la famille ni de ma race. Oh comme si j’allais te haïr pour tes occupations. Non. La trêve m’ennuierait autant que toi. J’aime apprendre des choses sur toi, est-ce un crime de s’intéresser à quelqu’un ? Tu es bien farouche…Tu sais que j’aime autant te provoquer que toi … »

Sa pensée m’avait saisi à propos des microbes au point que j’avais éprouvé l’envie de lui répondre instantanément. Je lui pris doucement le verre mais ne bu pas cette fois-ci, me contentant d’agiter doucement le verre, faisant toujours la boisson froide à l’intérieur. Les remous colorés m’intriguèrent. L’odeur me parvenait avec force, comme toutes les autres odeurs mais je ne connaissais pas tout ce que je sentais ce qui me laissant perplexe. Sans doute les agents chimiques qu’ils mettent dans leur nourriture maintenant… Je reposai le verre, m’intéressant à l’odeur de Clémence qui était brouillée par celle de son sang. Brusquement une question dure s’interposa entre mes réflexions. Je lui saisis la main sans réfléchir et eu l’impression de recevoir une bonne dose d’électricité comme lorsqu’on pose notre main sur le fil électrique d’une clôture ce qui me vivifia. Je ne l’avais jamais touché. Et bien maintenant c’était fait. Ce qui m’intéressait plus ce n’était pas le contact, mais sa blessure. Je fixai le bandage, me disant que je finissais par réagir exactement comme elle. Je ne me sentais même pas bête, ça, c’était le pire.

« Tu t’es blessé toute seule ou c’est quelqu’un ? »

Un sujet à éliminer. Là elle avait touché un point vif et sensible. Simplement un sujet ? Même pas un être vivant ? Juste un pion sur le plateau de jeu de mademoiselle ? La sentence me tomba dessus sans qu’elle ne crie gare. Un sujet à éliminer…Eh bien qu’elle me tue si je ne suis que ça ! Un sujet lui échappe en permanence, quel dommage. Au moins, je ne suis pas un monstre, c’est déjà ça…Je la relâche sans m’attarder et regarde ailleurs.

« Tu es un mouton, répliquai-je avec amertume. Un simple bouton. C’est abrutit un mouton, méfie toi…On te dit qu’il faut te jeter du haut d’une falaise, tu le fais ? »

Je fronçai les sourcils, tournant vers elle un regard accusateur. Je lui en voulais. Elle n’acceptait même d’avouer qu’elle appréciait le jeu. Au lieu de cela elle dit que je suis un sujet à éliminer. Si je suis si peu, pourquoi ne m’a-t-elle pas éliminé plus tôt et pourquoi elle ne s’est pas trouvée une autre victime distrayante. Elle aurait pu prendre le risque de me poignarder dans un couloir. Elle est discrète, elle s’en serait sortie indemne. Mon aversion retomba aussi brutalement qu’elle était venu et je soupire doucement avant de dire une chose que je n’aurai jamais cru faire envers Clémence.

« Excuse moi…Je ne le pensai même pas, c’est bête de ma part…J’ai forcément des sentiments puisque je suis capable de haïr mais aussi d’apprécier. »

Je lui rendis son verre et allai débarrasser mon plateau que je n’avais pas touché avant de revenir. Je m’assis à ma place, la regardant calmement puis un sourire naquit sur mes lèvres sans que j’explique verbalement cette apparition. Je savais beaucoup de chose sur Clémence et j’aimais toujours en apprendre d’avantage mais la perspective la plus attristante pour moi serait qu’elle passe à une autre proie et m’abandonne là comme un jouet usé. Je la regardai dans les yeux, sachant comment je pourrai à mon tour la faire réagir.

« Tu sais, si tu n’avais pas voulu ma peau, tu aurais pu être une fille vraiment bien… »

Je me levai et pris appui sur la table en me penchant aisément vers Clémence. Je lui volai un baiser furtif, m’amusant à jouer avec ce qu’il fallait faire pour rester en vie et ce qu’il fallait faire pour mourir. Je dus me redresser vivement, parant à une éventuelle réaction de sa part et ramassai mon sac, sachant pertinemment que je venais de lui prouver que la trêve n’était pas pour demain ni aujourd’hui. J’aimai la provoquer, y tirant réellement profit. Je quittai la cafétéria sans demander mon reste, calme et souriant. Certains curieux fixaient Clémence comme s’ils apercevaient la vierge marie ce qui ne manqua pas de me faire rire alors que je me retournai une dernière fois.

« A tout à l’heure Clém ! »

Ma voix porta par-dessus les chuchotements curieux et je savais qu’elle m’avait entendu. Sa vengeance ne devrait pas tarder…
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MessageSujet: Re: Compagnie imprévue > Clémence Haven   Ven 29 Aoû - 2:24

Un jeu, c'etait ainsi qu'il voyait cela egalement ? Je froncai doucement les sourcils avant de me detendre a nouveau. Je ne savais pas vraiment ce qu'il se passait dans ma tete, mais je me sentais bien en ce moment a discuter avec lui de choses et d'autres, a entendre son doux rire et a en apprendre plus sur celui dont je voulais la peau. Peut-etre que cela le rendait plus *humain*, plus *approchable* ou meme moins attrayant pour la chasse que d'en savoir plus. Apres tout, les vampires auraient pu etre des etres totalement normaux. Ils ressemblaient a des humains, bien plus qu'on ne le croit. Malgre leur beaute envoutante, leur peau glaciale, leur pouvoir etrange, mais egalement leur soif de sang et l'absence de veillissement, ils etaient proche de nous sans pour autant faire partie des notres. Non mais qu'est-ce qu'il m'arrivait ces derniers temps ? Chassant mes pensees aussi vite qu'elles etaient venues, je soupirais doucement.

- Si je te parle de massacre... Le massacre que les tiens font subir aux humains sans aucune raisons valables. Tu es peut-etre hors de cause, peut-etre pas. Mais cela ne changera jamais ce que tu es.

Ma voix avait ete dure, sans appel, presque mechante et glaciale. J'etais toujours ainsi mais cela me faisait mal de lui parler de la sorte. Je ne sais pas, peut-etre bien qu'il avait une place privilegiee pour moi. Il etait bel et bien la seule personne avec qui je discutais ainsi de tout et de rien. Mais cela ne changeait pas. Il etait ma proie, et je me devais de l'eliminer. Perdre ma reputation ne me faisait pas grand chose, mais c'etait une question d'amour propre peut-etre. Plus que de l'amour ou de quelconques sentiments que l'on peut eprouver a l'egard des autres. D'ailleurs, je me devais d'etre dure avec lui, et je l'etais. Uniquement pour me proteger.

Lorsqu'il reprit la parole, j'etouffais un petit cri de surprise, tout en ecarquillant les yeux. Je ne m'etais pas douter qu'il pouvait etre si ... Si vieux. Autant avouer qu'il etait vraiment bien conserver pour son age. A cette idee je pouffais interieurement, sans laisser paraitre la moindre trace de ce rire sur mon visage qui se contentait d'etre fermer et peu avenant. Lorsqu'il parla des microbes, je fus denouveau surprise. Lisait-il reellement dans mes pensees ? Je me maudis interieurement, essayant de ne plus penser a rien d'autres que notre chasse, notre jeu que j'appreciais mais cela je ne l'avouerais jamais.


- Autant jouissif pour toi que pour moi. Surtout en ce qui concerne les enjeux je l'avoue aisement.

Je ne repondais rien en ce qui concernait le reste, pas encore, pas tout de suite. Laissant quelques secondes passer, je reflechis a ce qu'il venait de dire. Il avait plus d'un siecle... Mais egalement qu'il vivait seul... Je dis avec un sourire en coin.

- L'eternite... Seul. Ce doit etre eprouvant. Tu sais que je peux mettre fin a tout ceci ? Je le ferais pour toi si tu me le demandes gentiment.

Ou alors il devrait se trouver une petite vampirette qui serait sans doute moins forte que lui et que je reussirais a eliminer aisement comme tout les vampires que j'avais pris en chasse jusque la. Je pensais un instant que je me ferais une grande joie de detruire celle - ou celui - (on sait jamais) qu'il aimait. Le torturer et finir par le tuer si possible sous ses yeux. Autant dire que je n'etais pas une fille bien sage qui se contenterait de regarder les tourtereaux. Sans doute avec une once de jalousie, je me ferais une joie d'en finir. Juste pour lui faire du mal, lui qui me semblait inateignable. A la fois si loin et si proche. A la fois si beau et si different. Quelque chose m'attirait chez lui comme un aimant. Mais pas de ces choses que l'on nomme sentiments ou Amour. Non, juste le fait qu'ils soient differents des autres. Qu'ils ne reagissent pas pareil, qu'ils ne soient pas comme eux... Cela me changeait reellement. Lui, j'aimais bien le frequenter, jouer avec lui, discuter comme maintenant. Mais les autres, je les fuyais. Humains. Et les autres vampires, je me contentais de les assassiner. Il me semblait presque que les autres n'etaient que de pitoyables petites choses fragiles. Tandis que lui restait hors d'atteinte.

Jamais encore on ne s'etait toucher, froler, ou tout ce qui est de ce registre et voila que sans aucune gene il prenait ma main. Je frissonnais au contact de sa peau glaciale qui m'arracha un sourire que je ne pus pas vraiment et clairement cacher. A sa question je detournais le regard. C'etait un simple accident idiot. Mais autant dire la verite non ?


- Si c'etait quelqu'un, il ne serait plus de ce monde a l'heure qu'il est. Donc peu importe non ? C'est juste un accident stupide. Je ne m'approche pas de la perfection moi.

Ma voix restait tranquille, un peu sombre peut-etre, mais je souris aisement lorsque je dis qu'il ne serait plus de ce monde. Je ne laisserais personne sur terre me blesser physiquement ou psychiquement sans reagir. Je n'etais decidement pas ce genre de fille trop fragile qui se contente de pleurer et de gemir comme un enfant de bas age. Non ! Je reagissais. Souvent trop brusquement, trop mechamment, mais je reagissais. Que cela plaise ou non.

A sa replique, j'ecarquillais les yeux, profondement blessee par ce qu'il venait de dire. Un mouton ? C'etait ainsi qu'il me voyait ? Simplement comme tous ces chasseurs incapable et incompetent... Non, j'etais bien plus que cela. Je le savais, je voulais le croire. Je ne me pliais a aucune regle si ce n'est celle invisible qui nous disait que les vampires etaient des monstres. Et encore non. Car pour moi il ne restait pas moins des cibles. Des monstres font peur. Les vampires ne me font pas cet effet la. Une raison qui poussait a croire que je ne les voyais que comme des cibles et non des monstres. Ils etaient meme si on ne voulait pas le croire bien plus proche de nous que les loup-garous. Meme si ce n'etait pas vraiment comparable. Je reprenais ma main contre moi, serrant le bandage sur ma plaie qui recommenca a saigner legerement a cause de la pression. Je detournais les yeux, l'air simplement renfrogner. En colere. L'avait-il remarquer ? En tout cas il s'excusa. Cela me parut etrange au premier abord... Je restais muette. C'etait a mon avis la seule chose a faire. Ecouter ce qu'il avait a dire a propos des sentiments. Je decidais de mettre de cote ce qu'il venait de dire sur les moutons, et gardait mes repliques pour moi. Un sourire sur les levres je lui demandais simplement.


- Et je suis dans quelle categorie ? Haie ou Appreciee ?

Je me faisais presque defiante. Au fond je ne voulais pas savoir ce qui pourrait changer pas mal de choses, mais je posais la question. Le defiant de me repondre, mais je voulais surtout savoir pourquoi. Personnelement je me voyais plus dans la case haie. Cette case que j'occupais chez la plupart de mes *camarades* si l'on peut dire. J'etais loin d'etre une fille apres qui on court, ou a qui on demande son numero. Je restais une chasseuse qui se voulait intouchable. Froide. Distante. Chacun se protege a sa maniere. Je ne voulais pas qu'on me touche que ce soit a nouveau physique ou psychique et je me preservais ainsi. Tout en pouvant faire ce qui me semblait bien pendant mon temps libre. Chasser.

- Si tu n'etais pas un vampire tu aurais pu etre un garcon bien.

Je repliquais, faisant comme lui. Mais le pire c'etait que je n'en pensais pas un mot. Si il avait ete different... Jamais je ne lui aurait adresser un regard, un mot, a par du mepris je n'aurais rien pu eprouver d'autres pour lui. Je souriais, me disant que le sort faisait parfois bien les choses, puis, je reportais mon attention sur mon bandage.

Il me prit par surprise. J'aurais aimer le repousser, le gifler, le tuer meme si tout le monde etait temoin de la scene, je m'en fichais. Mais non. Au lieu de faire ce que j'aurais fait avec n'importe qui d'autre, je le laissais faire, je restais une simple spectatrice. Ou non, encore bien pire, je lui rendais son baiser avant qu'il ne l'interrompe et qu'il s'eloigne. Mais malgre cela je restais perplexe. Lui, on aurait dit que ca ne lui faisait rien, il s'eloigna simplement en me lancant un *a tout a l'heure*. Partagee entre la haine et ce qui pourrait etre de l'indifference, je ne bougeais pas, ne remarquant meme pas les gens qui me regardait etrangement et qui murmurait. Peut-etre bien que c'etait la premiere fois que Knight embrassait une fille ainsi devant tout le monde. Du moins, je n'en avais eu aucun echos si cela etait arrive auparavant. Mais venant du fait qu'on me regardait comme si j'etais la vierge Marie, les questions etaient de trop.

Avais-je reellement apprecier ? Glissant mes doigts sur mes levres je restais pensives pendant peut-etre une seconde ou deux, puis, je reagis. Enfin ! D'un geste rapide je pris mon poignard et le glissait dans ma manche, mon sac sur l'epaule, je laissais mon plateau sur place et rattrapais Knight. Courant. Le rattrapant, je me plantais devant lui, la respiration legerement haletante, le regard noir. Peut-etre bien que personne n'aurait su dire ce que j'allais faire, ou meme ce que j'etais entrain de faire. Je l'enlacais, une main derriere la nuque, l'autre devant sa gorge, mon arme cachee par ma manche, je la tenais fermement, et il le savait aussi bien que moi. Ne sentait-il pas l'argent ? J'effleurais son visage avant de venir a son oreille pour lui murmurer. Afin que personne d'autres que lui ne puisse saisir.


- Je me demande ce qui m'empeche d'en finir maintenant !

Peut-etre bien que c'etait le monde autour de nous, les regards braques sur nous deux, mais je ne dis rien. Au fond, j'avais peur qu'il reagisse viollement et qu'il m'ejecte, je savais pertinement qu'il avait le pouvoir de le faire, comme si je n'avais ete qu'une brindille, mais je prenais le risque. Continuant de me hair interieurement, sans raison apparente, je ne bougeais pas d'un milimetre, attendant sa reaction.


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> Excuse moi c'est court u__U. Et pas genial. <
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